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Dimanche 30 décembre 2011 La Sainte Famille Génèse 15, 1-6 ; 21, 1-3 Hébreux 11, 8...19 Luc 2, 22-40
(...)Le Christ est venu dans le temple. Il est venu en précurseur, si je puis dire, pour rencontrer le temple ! En vérité, le temple, c’est lui, le Christ, qui sera détruit pour être reconstruit. Le Christ vient dans le temple pour se faire reconnaître par Siméon, son prophète qui attendait la consolation d’Israël, c'est-à-dire sa libération. L’Esprit Saint était sur lui et lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur.
Et que dit Syméon, après avoir pris dans ses bras l’Enfant-Jésus ? Goûtez ce texte, il est merveilleux : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple ». Syméon annonce l’universalisme du salut. Il annonce la lumière qui va éclairer tous les hommes jusqu'au tréfonds de l’humanité. Il annonce le serviteur qui va se livrer pour tous les hommes : c’est celui qui est vraiment la paix et la lumière. Si l’Eglise aujourd’hui insiste solennellement sur la lumière,
Nous sommes ces païens que le Seigneur a appelés. Nous sommes
ces païens que le Christ a délivrés pour nous faire
entrer dans sa lumière. « Je suis la lumière »
dit Jésus (Jn 9, 5) et en conséquence il nous dira aussi :
« Vous êtes la lumière du monde »
(Mt 5, 14). Être la lumière du monde : mesurons-nous
ce que cela signifie ? Être la lumière du monde pour
éclairer les hommes, donner le sens des vraies valeurs, donner
les sens de vérités profondes de la foi, du mystère
de Dieu. Remarquez que cette lumière étonnante se fait dans
un petit enfant. Il y a là un paradoxe comme il y n’en est
pas d’autre : le Seigneur se fait petit enfant. Le Seigneur de l’univers
se fait le petit des petits : il vient se présenter au temple
comme n’importe lequel des enfants d’Israël. Oui, il
y a un paradoxe étonnant et merveilleux : la lumière
est si petite et si grande qu’elle est la lumière même
de Dieu. La plénitude de la lumière de Dieu est là
en Jésus. C’est son père et sa mère qui viennent
le présenter au temple et déjà se profile à
l’horizon la passion. Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui, nous dit St Luc. Et voilà que Syméon, s’adresse à Marie en lui disant : « Vois, ton fils, qui est là, provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et, toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée ». Remarquez la formule : « Vois, ton fils qui est là ». Elle est à rapprocher de la parole du Christ sur la croix adressé à Jean : « Voici ta mère ». C’est le mystère de cette femme qui s’appelle Marie, qui englobe toute l’Eglise et qui porte en elle le mystère du Seigneur, mystère de la lumière vivante, mystère de la lumière qui peut être signe de division. Pourtant, on, dit spontanément que la lumière doit faire l’unité mais la lumière est accueillie ou non dans chaque cœur et c’est pour cela qu’elle est motif de division. C’est pourquoi le cœur de Marie sera brisé par le nom de Dieu, pour être glorifié par le cœur de Dieu. Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes de son cœur.(...) Le Seigneur se présente au temple. Il est là, celui qui s’offrira librement sur la croix. Ce petit enfant s’offre déjà, il dit à son Père : « Me voici, Père, pour faire ta volonté ». Nous sommes pris dans le tourbillon de l’amour divin, dans le plus haut degré d’amour qu’il y a entre le Père et le Fils. Nous sommes pris dedans et en conséquence, nous sommes appelés à partager la souffrance même du Seigneur. L’Evangile est à la fois merveilleusement joyeux et merveilleusement douloureux : les deux aspects nous sont donnés en cette fête de la présentation de Jésus au temple. Il nous est demandé de pénétrer ce mystère dans lequel le Seigneur a voulu partager notre condition humaine pour réduire à l’impuissance l’ennemi du genre humain. Le Christ s’est livré pour nous, s’est donné pour nous. Aujourd’hui, c’est la fête de la présentation du don que le Père nous fait en son Fils et en Marie.
Avez-vous pensé à cet homme qui est Syméon ? Dieu lui avait promis qu’il verrait le Messie du Seigneur ! Quelle merveille ! Cet homme s’abaisse devant ce petit enfant et voit son Seigneur ! Nous devons, nous aussi, nous abaisser devant nos frères et reconnaître en eux le mystère du Seigneur. Je voudrais vous demander humblement de nous aimer comme le Seigneur nous aime, de nous aimer avec cette gravité que le Seigneur met dans ses actes, avec cette gravité qui le mettra aux pieds de ses apôtres et qui le mènera à la croix. Crions au Seigneur que nous voulons cette charité, cette joie, cette paix, cette lumière ; même si cela doit nous faire souffrir, qu’importe, pourvu que le Seigneur nous apprenne à l’aimer jusqu’au bout de l’amour. Laissons-nous transpercer par la lumière. Je me souviens d’un berger grec qui chantait sous le ciel de son pays : « La plus belle chose du monde, c’est la lumière ». C’est vrai ! La plus belle chose du monde, c’est la lumière à condition que ce soit la lumière de la croix qui se transforme en résurrection.
(Extrait du livre : L' amour du Père révélé dans sa Parole. Homélies, année A. Parole et Silence ) |
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