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Mercredi 24 décembre 2011 Messe de la nuit de Noël
Isaïe 9, 1-6 Tite 2, 11-14 Luc 2, 1-14
Le texte de l’Evangile de Luc nous met devant le mystère
de l’histoire de Dieu et de homme c'est-à-dire devant le
Seigneur qui vient sauver son peuple. « Ne craignez
pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande
joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un
Sauveur. » Cette annonce a quelque chose d’étonnant
et de merveilleux : un sauveur nous est né et les signes qui
nous sont donnés sont déroutants : le nouveau-né
est emmailloté et couché Dans l’annonce de la naissance du Sauveur faite aux bergers, il y a le mystère du Messie triomphant qui vient pour nous sauver sous l’aspect le plus humble qui soit. Il est tout-petit lui le créateur du monde. Il est le plus petit d’entre les hommes, il n’est même pas reçu dignement au moment de sa naissance puisqu’il n’ y avait plus de place pour lui dans la salle commune. Le bébé est emmailloté et couché dans une mangeoire, c’est Dieu au-delà de tout, le Dieu vivant qui devient l’un d’entre nous : voilà ce que l’évangile nous demande de croire. Dieu devient, en Jésus-Christ, humble et pauvre et toute la vie du Christ qui était de condition divine, sera celle d’un homme comme nous, d’une infinité pauvreté, qui nous appelle à entrer dans sa gloire, à condition de le suivre. Le Seigneur nous révèle qu’il est le Tout Puissant mais qui est en même temps, celui sur lequel personne n’a de prise parce qu’il est infiniment petit et le plus grand de tous. « Aujourd’hui vous est né, un Sauveur dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. » Nous avons un sauveur qui vient nous faire rentrer dans sa vie divine.
Au cours de cette nuit, je voudrais que nous découvrions le mystère d’amour du Seigneur. Le paradoxe que nous avons découvert au moment de la naissance de Jésus se réfléchit dans toute sa vie. Il a beau naître dans une toute petite ville de Judée, il a beau naître dans un monde en proie à la misère, à la souffrance, à l’occupation, il a beau être infiniment caché, c’est pourtant lui qui porte le monde entier qui en fait sa demeure et qui veut notre salut. Nous avons à connaître le Seigneur de l’intérieur comme quelqu’un qui nous est très chère et qui est là près de nous. Il est le Messie envoyé du Seigneur pour sauver le monde. Et, pourtant quels signes de petitesses avons-nous sous les yeux au moment de sa naissance ! On dirait que le Seigneur prend les plus petites choses pour se présenter à nous. Je voudrais que nous découvrions que l’amour de Dieu passe à travers toutes les déficiences humaines, à travers toutes les limites. Le Seigneur est le Seigneur, le Seigneur est le Messie vivant, le Seigneur est notre maître à tous, il nous appelle à le connaître. Je voudrais vous crier au cœur de ma maladie, combien le Seigneur est là, combien le Seigneur peut tout, combien il nous montre l’amour de son Père. Oui, il m’appelle à la sainteté, à l’amour, à la joie. « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »
Ce petit enfant nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire, cet enfant là, c’est le Sauveur du monde, c’est lui qui récapitulera toutes choses en lui et qui fera de nous des êtres tout nouveaux par sa puissance et sa joie. Cela dérange nos vues et nous bouleverse ; nous avons bien là la présence du Seigneur qui est la présence même de l’amour. Un amour qui se cache, un amour qui se donne à l’infini, sans mesure. J’aimerais au cours de cette fête de Noël, que nous découvrions cette joie qui réside dans cette présence du Seigneur au plus intime de nous-mêmes. Nous avons, grâce à elle, un regard nouveau sur le monde et tout naturellement nous nous mettons au service de nos frères. ll faut passer par la pauvreté de Jésus-Christ décrite à sa naissance pour passer à la joie de Dieu. « L’ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. » Quel mystère ! Nous sommes devant le mystère le plus étonnant qui soit, le plus bouleversant qui soit. Dieu, le vrai Dieu, le Dieu qui a tout crée est là devant nous comme un enfant, et il nous demande de croire par la foi qu’il est le Sauveur du monde, qu’il est en même temps le tout-petit et le Seigneur.
Demandons au Seigneur de rentrer dans sa joie, de le louer en disant « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Laissons nous prendre par l’amour de Dieu, qu’il soit notre lumière et notre guide. Demandons au Seigneur de nous apprendre à prier et à aimer, à laisser notre cœur se transfigurer par la toute puissance de Dieu. Le Seigneur n’a qu’un but, que nous soyons heureux de son bonheur, heureux de sa joie que nous découvrions en plénitude lorsque le Père de Notre Seigneur Jésus-christ se manifestera à la fin des temps. Le Christ reviendra : nous devons attendre ce grand bonheur. Il nous rachètera de toute nos fautes et il fera de nous des hommes libres et emplis d’amour. Dieu nous met aujourd’hui devant l’abaissement suprême, puisque Dieu devient un petit enfant. Méditons que le mouvement de l’amour est de descendre pour prendre la dernière place. Demandons au Seigneur d’entrer au plus profond de son amour autant que nous le pouvons. Nous sommes appelés à être de vrais fidèles, à être de vrais saints. Que le Seigneur nous donne sa paix et sa joie dans la charité, dans la gloire et dans la paix. Amen !
(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Homélies, année B. Parole et Silence ) |
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