Dimanche 8 janvier 2012

Epiphanie du Seigneur

Isaïe 60, 1-6 Ephésiens 3, 2-6 Matthieu 2, 1-12

 

« Debout Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » L’Eglise lance un immense appel à la joie qui traverse de part en part et qui appelle tous les hommes au salut. Regarde ! Debout ! Resplendis ! Elle est ta lumière : c’est la gloire du Seigneur. La gloire du Seigneur resplendira sur Israël et resplendira dans le Christ. L’annonce d’Isaïe est une véritable splendeur. Nous savons que la lumière est la puissance et la présence de Dieu, son ampleur de vérité en nous. Toutes les nations sont appelées au salut. Toutes les nations sont appelées à rencontrer Israël et à rencontrer le Christ. C’est vraiment une lumière et je voudrais que vous sentiez en elle la nouveauté de l’amour.

La nouveauté de l’amour vient du Père. Saint Paul nous le clame : « Frères, vous savez en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donné pour vous : il m’a révélé le mystère du Christ ». Connaître le mystère du Christ est la plus grande réalité qui soit. Connaître le mystère du Christ, c’est connaître le secret de Dieu dont les générations passées n’avaient pas connaissance. « Ce mystère, c’est que grâce à l’Evangile, les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus. » Dans une immense action de grâce, nous devons nous réjouir de ce que Dieu se penche sur nous, vienne à nous pour nous transformer. La joie messianique est celle que le Messie apporte. C’est la joie même de Dieu qui crie à l’intérieur de notre être que le Seigneur est là et qu’il nous demande d’appeler tous les hommes à la connaissance du salut. Le mystère nous dit Saint Paul, est que tous les hommes, juifs et païens sont appelés au même héritage à la même lumière, à la même vérité. Nous sommes des païens convertis. Le Seigneur veut nous transformer pour nous transfigurer dans sa lumière qui est la vérité de Dieu, la vérité de l’homme, la vérité de l’Esprit Saint. C’est dans l’Esprit que tout nous est donné. Il faut que la lumière éclate dans nos vies, que la lumière nous transperce, qu’elle parvienne au plus profond de nous même et nous ouvre au mystère du salut.

Regardons ce qui se passe avec Hérode. « Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile est apparue ; puis, il les envoya à Bethléem, en leur disant : ‘’Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi aussi pour que j’aille moi aussi, me prosterner devant lui ‘’. » Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue à son lever les précédait. Ils en éprouvèrent une grande joie. « En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère : et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leur coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. » Nous avons, nous aussi, à offrir tous nos présents au Seigneur, c'est-à-dire tout ce que nous avons à offrir, tout, absolument tout, tout ce que nous sommes, nous-mêmes et essentiellement notre foi, notre espérance, notre charité.

L’Epiphanie, c’est la grâce de la lumière et de la recréation dans la lumière. Elle nous prend au plus profond de nous-même, nous illumine et fait de nous des êtres nouveaux. Les Mages ne retournent pas selon le chemin demandé par Hérode. « Mais avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leurs pays par un autre chemin. »  Ceci est pour que soit annoncé au monde le mystère du salut. Nous avons à annoncer ce mystère de présence de Dieu, ce mystère qui nous introduit au tréfonds de nous-mêmes dans la lumière de Dieu et qui nous appelle à en témoigner.

Sommes-nous prêts à entrer dans ce mystère de lumière et de paix, de lumière et de joie pour que nous soyons associés à cette splendeur du mystère de Dieu ? Il faut que notre cœur chante comme il n’a jamais chanté ! Il faut que le don du Seigneur, don de joie et de paix, d’amour et de lumière, jaillisse de l’intérieur de nous-même et que nous remercions le Père de nous avoir donné son Fils. Nous sommes des pauvres. Les mages sont des pauvres. Ils apportent leurs richesses mais leurs richesses consistent dans leur pauvreté qu’ils viennent déposer : « Ils tombent à genoux ». Ils offrent la foi, l’espérance et la charité c'est-à-dire la réalité même de la vie du Seigneur qui nous mène à l’amour du Père. Nous avons à chanter. Je vous le répète : le Seigneur ouvre les voies et tous les hommes viendront. Israël sait qu’elle est radieuse : le Seigneur nous rappelle que nous sommes des enfants de Dieu et que nous le sommes en vérité.

Il nous faut proclamer cette grâce, la proclamer du fond du cœur, la proclamer avec la simplicité de l’enfant. Le mystère du Christ, est le mystère le plus solide qui soit, celui qui a le plus de poids, celui qui a le plus de densité humaine et spirituelle. Nous n’avons pas à avoir peur parce que le Seigneur est là, qui nous guide et nous fait connaître la révélation du mystère du Christ. Laissez de côté vos soucis. Laissez de côté tout ce qui vous empêche de rencontrer Dieu et le Seigneur viendra en vous. Il viendra vers vous avec toute sa tendresse, tout son amour, avec toute sa paix. Le Seigneur est grand. Le Seigneur est merveilleux. Nous savons que l’appel du Seigneur vaut pour chacun d’entre nous. Nous avons à entrer dans un courant d’amour, dans un courant de lumière, un courant qui, certes, ne soit pas avec nos yeux de chair mais qui transparaît dans la lumière de Dieu.

Nous devons demander au Seigneur d’être des hommes qui croient en ce qu’il fait. Il l’a révélé à ses saints apôtres et prophètes. Nous sommes associés à cette révélation. Il nous reste à demander le plus merveilleux : entrer dans le mystère du repos du Seigneur, dans le mystère d’attente du Seigneur. L’oraison de ce jour nous exhorte à être présents à cette attente du Seigneur car il nous recevra  et nous introduira dans sa lumière.

Dans l’Eucharistie que nous allons célébrer, nous allons chanter du plus profond de notre cœur cette lumière qui vient, cette lumière qui n’est pas un sentiment de notre part, qui n’est pas une réalité sans consistance mais qui est la joie même de Dieu. Nous devons croire à la joie de Dieu. Nous devons nous laisser prendre par la joie de Dieu. Ce ne sont pas des mots. C’est la vérité. Il faut que cette vérité pénètre en nous et nous transforme. Soyons des êtres pris par le Seigneur, pris par cette nouveauté qu’est la nouveauté du Christ et certains comme jamais de la puissance de la Parole de Dieu et de son influence dans nos vies. Prions les uns pour les autres et demandons au Seigneur d’entrer dans cette vérité qu’est l’amour du Père, cette vérité à laquelle nulle autre est comparable mais qui est la lumière de Dieu. Cette splendeur habite notre cœur ; il s’agit de la dévoiler.

Demandons au Seigneur cette ouverture, ce don. Oui, que nous soyons tout donnés, tout livrés au Père et nous rencontrerons au plus profond de nous-mêmes la joie de Dieu. Que la joie de Dieu à nulle autre comparable entre dans votre cœur et qu’elle vous mène là où le Seigneur le veut. Ouvrez vos coffrets et sachez ce que le Seigneur attend, c’est votre cœur, tout votre cœur avec son amour et sa vérité. Nous sommes des enfants qui croient à la parole de leur Père et qui se livrent à cet amour. Dieu est Dieu. Dieu est lumière. Dieu est amour. Dieu est vérité. Il n’y a rien de plus fort. Alors, à nous de croire et de nous engager dans l’Eucharistie, avec cette plénitude, cette transformation que le Seigneur fait dans l’Esprit. Demandons au Seigneur d’être des chemins pour nos frères, que nous leur ouvrions nos cœurs et leur donnions tout ce dont ils ont besoin. Nous sommes des enfants bien-aimés du Père. Nous lui ressemblerons et nous chanterons sa louange dans la joie divine pour la joie du Christ notre Frère. Amen !

(Extrait du livre : Seigneur rien n'est plus vrai que ta Parole. Homélies, année B. Parole et Silence )

 

 

 

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